madé - artiste sculpteur
toutes les œuvres présentées dans ce portfolio sont peintes avec de la peinture acrylique sur mdf (aggloméré de particules de bois) sauf mention particulière
Structile
© Marianne Montely-Caron
carrés blancs, série des carrés de lumière
1996 / 1997
44 x 44 x 1,9 cm chaque
atelier de l'artiste
Carré blanc
© Pierre Platier
losange blanc
1997
75 x 75 x 3,6 cm
Musée du Touquet-Paris-Plage
donation André Le Bozec 2016

Ses couleurs vibrent d'une spiritualité toujours charnelle. Ce sont les blancs qui marquent surtout, où flottent des esprits de couleurs. Blanc de neige transpercé par la terre : non le blanc absolu du flocon suspendu, mais un blanc qui vient à notre monde et ne nous glace pas. Une blancheur qui s'est incarnée, pourrait-on dire.

Patrick Autréaux
madé ou l’art de la synecdoque. Galerie Intérieur, 2005
bipan triptyque
© Caroline Pinault
bipan triptyque
2000
65 x 68 x 1,8 cm
collection particulière
bipan diptyque et détail
© madé
bipan diptyque et détail
© Caroline Pinault
bipan diptyque et détail
2000
22 x 194 x 1,8 cm
atelier de l'artiste
madé a la tranquille simplicité du mouvement de ses œuvres et de leur débordement mural et pictural.

Daniel Van de Velde/devande
madé/tessiture/teinte/texture, Centre d'art de l'Yonne 2006
pan-aile
© madé
pan-aile
© madé
pan-aile
2001
verre, pastel, inox
54 x 54 x 0,8 cm
atelier de l'artiste
… il y a un format nécessaire et suffisant pour envahir tout l'espace mental.
Claire Legrand
madé ou la couleur funambule, Galerie Intérieur Lille 2005
pli rouge
© madé
pli rouge
2008
1° essai avec pigments secs
80,8 x 21,5 x 1,9 cm
collection particulière
losanges
© Caroline Pinault
losanges
2009-2010, triptyque
série les inattendues
40,5 x 153 x 1,9 cm
acrylique et pigments secs sur mdf
atelier de l'artiste
J’ai pensé à la mystérieuse présence des œuvres de Blinky Palermo, qui n’ont pourtant rien à voir. Et pourtant… Il me semble que les objets de madé ont cette même fragilité, cette manière de se tenir juste bord. Ce n’est presque rien, au sens où la quête n’est pas la perfection, mais quelque chose advient par cette présence.
Claire Legrand
madé ou la couleur funambule, Galerie Intérieur Lille 2005
grande fente noire
© Caroline Pinault
grande fente noire
© madé
grande fente noire
2009
acrylique et pigments secs
194,7 x 15,5 x 14 cm
collection particulière
terre nuit profonde
© madé
terre nuit profonde
© madé
terre nuit profonde
2009 / 2010
acrylique et pigments secs, altuglas poli
201 x 19,5 x 11 cm
atelier de l'artiste
variations sur le blanc
© Dominique Labaune
variations sur le blanc
© madé
variations sur le blanc
1999 / 2010
5 modules verticaux
44 x 176 x 9 cm
atelier de l'artiste
variations sur le blanc
1999 / 2010
5 modules horizontaux
44 x 264 x 9 cm
atelier de l'artiste
sur le mur n°1
© madé
sur le mur n°1
© madé
sur le mur n°1
2008 / 2010
70 x 574 x 1,9 cm
atelier de l'artiste
madé traite parfois la couleur comme un paradoxe ou une surprise. Devant ses œuvres colorées, la réaction première serait d'énoncer la couleur, comme on dit annoncer la couleur !
Or madé semble employer la monochromie pour parcourir et mettre en valeur toutes les nuances de la couleur, toutes les matière de la peinture, ses rapport à la forme, au support, aux lieux d'accrochage…..
Bernard Guibert
2014
BLANC SUR BLANC
© Dominique Labaune
BLANC SUR BLANC
© madé
vues d'ensemble
exposition BLANC SUR BLANC
Tanlay 2010
sur le mur n°2
© madé
sur le mur n°2
© Dominique Labaune
sur le mur n°2
2010
170 x 282 x 1,9 cm
atelier de l'artiste
La peinture de madé n'a d'autre objectif que d'exalter la lumière. Forme et couleur se soumettent à l'écriture silencieuse de la lumière, la plus impalpable qui soit. madé s'abrutit à ne pas lui faire obstacle : lissage, aplat, ponçage répété, glacis, sans touche, geste nié, la lumière bondit, rebondit, vit, partout.

Stéphanie Le Follic-Hadida
BLANC SUR BLANC « entre pareil et presque ». 2010
sur le mur n° 4
© Alexandra Bellamy
sur le mur n° 4
2011 / 2012
70 x 135,5 x 1,9 cm
atelier de l'artiste
duo blanc et pascarrées
© Gilles Puech
duo blanc
1996
186 x 22 x 20 cm
collection particulière
pascarrées
2011/2013
33 x 36 x 1,9 cm chaque
collection particulière
madé et ses pascarrées
© Linus von Castelmur
madé et ses pascarrées
2011/2013
33 x 36 x 1,9 cm chaque
collections particulières et atelier de l'artiste
Petits volumes sur étagère verticale
© Caroline Pinault
Petits volumes sur étagère verticale
© Caroline Pinault
Petits volumes sur étagère verticale
2000-2012
23,2 x 278 x 10,9 cm
atelier de l'artiste
vue de l'atelier
les cailloux
© Caroline Pinault
les cailloux
2011/2014
acrylique et papier japonais sculpté
75 x 75 x 2 cm chaque
collection particulière et atelier de l'artiste
Rien que du blanc à songer
© Alexandra Bellamy
Rien que du blanc à songer
© Alexandra Bellamy
Rien que du blanc à songer...*
2013/2014
série
quatuor 2/2
70 x 148 x 1,9 cm
collections particulières

*Phrase d'Arthur Rimbaud dans une de ses lettres adressée à sa famille.
Rien que du blanc à songer
© madé
Rien que du blanc à songer
© madé
Rien que du blanc à songer...*
2014
série
triptyque blanc/rose
34 x 90,7 x 1,9 cm
collection particulière
Rien que du blanc à songer...*
2014
série
diptyque blanc/rose
32,2 x 62,6 x 1,9 cm
collection particulière
Rien que du blanc à songer
© Caroline Pinault
Rien que du blanc à songer
© Caroline Pinault
Rien que du blanc à songer...*
2015
série
meurtrière
87,6 x 16,7 x 1,9 cm
collection particulière
la barque
© Caroline Pinault
la barque
© Caroline Pinault
la barque
2013/2014
série
18 x 199,7 x 0,8 cm chaque
pigments secs
atelier de l'artiste
la barque
2013/2014
série
18 x 22 x 1,9 cm
pigments secs
collection particulière et atelier de l'artiste
frette grecque
© madé
frette grecque
2014 / 2015
série
C1, C2, C3
52 x 79 x 3,9 cm
collection particulière
boîtes à lumière 2014
© madé
boîtes à lumière
série de 3 x 3 boîtes de couleurs différentes
31 x 40 x 14 cm
collections particulières et atelier de l'artiste

Devant la lumière on ne peut que balbutier ; la lumière a toujours raison.

madé
OBJECTIF TERRE, p.40
18° Biennale internationale de Céramique de Châteauroux
Musée/Hôtel Bertrand, Châteauroux Métropole.
Commissaire Stéphanie Le Follic-Hadida
les photons voyageurs
© Thomas Deschamps
les photons voyageurs
2014/2015
œuvre monumentale réalisée en binôme avec le céramiste Jean-Marc Fondimare
86 modules de porcelaine et engobes colorées sur 11 socles en mdf
les photons voyageurs
© madé
les photons voyageurs
© Thomas Deschamps
les photons voyageurs
2014/2015
détails
porcelaine et engobes
madé et Jean-Marc Fondimare
ou l'histoire d'une amitié provoquée
lire le texte
trois points de suspension
© madé
trois points de suspension
2015
œuvre réalisée avec Jean-Marc Fondimare
porcelaine et engobe colorée
collections particulières
séries numérotées de 1 à 12 + 3 HC
Les Rouges du Grand Nuage Blanc
© madé
Les Rouges du Grand Nuage Blanc*
2015
collections particulières et atelier de l'artiste

*titre de l'exposition, galerie l'Espace du dedans.
une forme
© madé
une forme
© madé
une forme
2017
triptyque réalisé avec Jean-Marc Fondimare
porcelaine et engobe colorée
16 x 26 x 10 cm
série numérotée de 1 à 12

madé et Jean-Marc Fondimare
ou l'histoire d'une amitié provoquée

Les Photons voyageurs, 2015
Installation, porcelaine et engobes, réalisée pour la Biennale.
Dimensions variables

 

Chasseuse de lumière, madé, sculpte la couleur. Habituellement, elle travaille sur mdf (bois). A travers la couleur, c'est la lumière qu'elle vise. L'intensité de la lumière passe par la capacité « explosante » des blancs (Aurélie Nemours). Écrire la lumière et l'exalter par la couleur et par le blanc. Aspiration durable.

La couleur est retenue cachée (sous un angle rentré ou au verso). En appui sur les blancs, elle prend la forme mouvante d'un halo vibrant, d'une oblitération tremblante. Poudre de photons, suspendue à la lumière du jour. Intensité désuète qui ne parle qu'aux yeux fragiles.

Sa rencontre avec Jean-Marc Fondimare lui imposa de penser porcelaine et non plus mdf. La porcelaine est lumière. Alors comment potentialiser sa connaissance du rebond lumineux avec la porcelaine ? Jean-Marc lui a dévoilé un à un les secrets de cette matière qu'elle ne connaissait pas. Ensemble, ils ont imaginé et mis à l'épreuve la porcelaine et les pigments dans leur épaisseur et leur surface. Jean-Marc, comme à son habitude, s'abrutit aux ponçages et à l'effacement du geste pour ne pas faire obstacle à la lumière. Ensemble, ils ont créé les conditions optimales de sa résonance, pour une poésie spatiale exponentielle.

La lumière naturelle de la salle capitulaire sert le propos et berce l'ensemble. La lumière-couleur tisse un lien ténu et tendu entre les modules. La perception de l'installation évolue au fil des heures, dans la durée et le changement.

L'œuvre, au fil du Journal de madé, atelier blanc, 2014-2015 :

Septembre 2014

Le projet Châteauroux m'est proposé : étudier pour augmenter en binôme et dans un esprit d'équipe les potentialités qu'a la porcelaine à capter la lumière.

Le travail sur la lumière m'habite et me fait me lever tous les matins. Je le pratique depuis des années. Seul le matériau change. La porcelaine, c'est blanc et bien tentant. Que faire ? Quitter des recherches en cours pour un tout autre projet qui ouvre sur un tout autre ailleurs est un dilemme et j'ai quand même un peu la trouille !!!!

Stéphanie m'invite à aller voir Jean-Marc Fondimare à Saint-Amand-en-Puisaye, « un pro du coulage/moulage de la porcelaine, un matheux qui donne aussi des cours dans une école de design ». Tout pour me rassurer.

15 octobre

Première rencontre à Saint-Amand-en-Puisaye. Le courant passe immédiatement. Très vite, Jean-Marc me dit qu'il accepte de travailler avec moi (ouf ! J'ai quand même l'âge d'être sa mère). Première démonstration d'un coulage dans un moule, premiers rudiments sur la fabrication. Je prends en main de la porcelaine pour la première fois. Douceur insoupçonnée. Grande émotion. Le blanc de la porcelaine peut varier selon sa composition. Malévitch et son mythique Carré blanc sur fond blanc me traversent l'esprit...

La porcelaine porte en elle sa lumière. Il va falloir partir à sa recherche, l'observer, la faire vivre.

Autour d'un café, Jean-Marc évoque son travail et me sort sa boite à rebuts – qu'il appelle ses erreurs - pour me montrer tout ce qu'il ne faut pas faire. Autant de surprises qui m'enchantent.

20 octobre

C'est parti ! Jean-Marc et moi sommes d'accord pour faire ensemble quelque chose et prêts à accepter la possibilité d'un échec. Plus le moindre doute.

Stéphanie m'appelle, je décroche, j'entends son sourire. Je lui dis : TOUT VA BIEN. Elle me rapporte la réflexion que lui a faite Jean-Marc : « madé aime mes erreurs !!!! ». Ça nous a fait rire aux larmes.

Chacun cogite de son côté, croisements téléphoniques fréquents. Essais de concentrations des pigments, essais de formes, d'épaisseurs, suggestions, analyses, photos, échanges. L'information circule bien entre nos deux ateliers séparés de 70 km.

Nuits blanches autour de l'immensité de ce projet : minimalisme, réverbération, spatialité, poésie.

3 novembre

Dans le vif du sujet. En prévision de la venue de Jean-Marc à l'atelier, je réalise une pièce en mdf de 19 mm d'épaisseur, comme deux morceaux de plinthe fixés au mur à angle droit, pour échanger sur les paramètres mis en jeu : couleurs et blancs dérobés au regard, ondulatoire dans la couleur réverbérée, épaisseurs de porcelaine, le mystérieux et l'aléatoire contrôlé.

Jean-Marc estime que la faible épaisseur des bouts de mdf induit un manque de présence. Bien vu. Plus alors ? Beaucoup de céramistes chatouillent la porcelaine jusqu'à sa translucidité. Pourquoi, au contraire, ne pas en jouer dans l'épaisseur ? Oui, répond Jean-Marc, mais deux centimètres max.

Donc, il faudra inventer une forme creuse dotée d'un angle sur un côté pour dérober la couleur au regard et faire chanter ou murmurer la porcelaine.

24 novembre

Visite du Couvent des Cordeliers, direction la salle capitulaire. Le lieu est classé, impossible de s'emparer des murs. Investir un lieu, c'est d'abord le respecter.

C'est en vue de dessus, par des escaliers de pierre, que nous découvrons cet espace : CHOC. Devant nous, un mur immense sur lequel le regard se fracasse.

Jean-Marc lâche un eh bien madé, on n'a pas intérêt à se louper, c'est le dernier lieu que les visiteurs vont découvrir après tout le parcours que nous venons de faire ! Bon, alors au boulot ! Appareil photo, caméra, mètre, crayon, papier. Se parler, s'écouter, échanger, proposer. Nous restons un sacré moment dans ce lieu de 64 m2, histoire de l'apprivoiser. Jean-Marc invente une scénographie que je trouve séduisante, mais qui dès notre retour en Puisaye commence à s'étioler... et effectivement, elle tombera vite à l'eau. Le séduisant, faut toujours s'en méfier, dixit Aurélie Nemours.

30 novembre

Je dessine le plan de la salle capitulaire au dixième.

1er décembre

Je construis la maquette qui permet de visualiser l'implantation et la circulation des visiteurs. Je découpe du carton, crée des maquettes de socles, je trouve assez rapidement la dimension des plateaux : 80 x 80 cm. A 16h30, j'appelle Jean-Marc pour l'informer qu'elle est terminée. Je lui envoie des photos. Échange de mails et de propositions.

Janvier 2015

Jean-Marc avance bien dans ses recherches de pigments, met au point une sorte de crépis porcelaine pour accueillir autrement la réverbération des couleurs. Moi je patine. Détours, voies sans issue.

Février

Ce n'est qu'en février que la scénographie fait sens et devient définitive : onze socles dessinent les diagonales perpendiculaires de la salle capitulaire, tous assez bas et à la même hauteur. Habiter le silence sans lui nuire. L'installation se découvrira du haut des escaliers.

Question basique : comment tout acheminer ? Nous imaginons des socles démontables et encastrables. La question de la mise en espace étant calée, je me peux me consacrer aux modules en porcelaine : tailles, nombre, couleurs.

Début mars

Je dispose six plateaux de 80 x 80 cm dans l'atelier blanc, sur des supports de 30 cm de haut. Je scie des modules dans du polystyrène, j'assemble, je permute, je recommence tout, une fois, deux fois... Arrive un jour où tout se cale. Juste. Changer un seul élément devient le début d'un autre projet. Je prends tout ceci en photos pour en parler avec Jean-Marc qui approuve. Je me lance alors dans la réalisation des matrices en bois nécessaires à la fabrication des moules et les lui apporte.

Semaine suivante : stage de plâtre pour Jean-Marc, douze moules à créer. Une semaine éprouvante dont il sort sur les rotules !

13 mars

Jean-Marc attribue un nom à notre œuvre en train de se faire : les Photons voyageurs.

19 mars

Les moules sèchent. Les 77 modules seront réalisés, peints et cuits par Jean-Marc selon un calendrier très précis. Moi, je dois débiter du mdf afin de construire les socles. Ensuite, je les peindrai, noir mat pour les piétements et blanc satiné pour les plateaux.

Avril

C'est ensemble que nous découvrirons les premiers modules au sortir du four, dans l'Atelier des garçons de Saint-Amand-en-Puisaye. Deux couleurs : bleu et orange. Pas de retour possible. Livraison et installation en juin. A Dieu vat !


Stéphanie Le Follic-Hadida
commissaire in OBJECTIF TERRE, 18° Biennale internationale de Céramique de Châteauroux

Couvent des Cordeliers / Musée-Hôtel Bertrand, Châteauroux Métropole, 2015